L’administration de la mort systématisée comme forme de propagande ultime

August 24th, 2008

Le principe de base de toutes formes de propagande est que ces dernières ont pour seule finalité de pousser les gens qui y sont soumis à une action quelconque. Bref, la propagande n’est pas de l’ordre de convaincre l’autre de quoi que ce soi.

Ceci étant dit, en considérant que les nazis continuaient utilser des ressources précieuses à transporter des juifs dans des camp de concentration, et ce, même après que les soviétiques étaient en train de gagner de terrain sur le Front de l’Est, je dois avouer que je suis en train de me demander si les camps de concentration n’étaient pas l’ultime moyen de propagande?

Je m’explique: en continuant l’extermination, les gens qui étaient coupables savaient qu’ils ne pouvaient pas retourner en arrière. Une fois que nous avons fait une action, il n’est plus possible de retourner en arrière. Une action est quelque chose d’irréverisible. Ceci étant dit, le fait d’administrer des camps, de gazzer des masses de gens, d’exterminer des êtres humains, c’est carrément dépasser les limites. Le message qu’une telle réalité dit aux bourreaux irait ainsi “Vous avez fait l’impensable. Vous ne pouvez plus retourner en arrière. Le vieux monde n’est plus une option. La seule chose possible, encore, c’est de continuer dans cette voie.”

En mon sens, le fait de continuer à utiliser des ressources pour administrer les camps, ce n’était pas un pur délire idéologique. C’était peut être une décision utilitaire, après tout. C’était peut-être la façon pour les têtes dirigeantes de la machine nazie de dire à ses bourreaux que lever le drapeau blanc n’était pas une option, que la seule voie possible, c’était la victoire parce qu’une défaite par le vieux monde signifiait être jugé et condamné à mort.

La victoire ou la mort. Le recul n’est pas une option.

Et dans ce sens, les suicides de Goebbels, de Hitler et de leurs familles respectives en 1945 seraient cohérents en rapport avec l’activité continuelle des camps de concentration jusqu’à la toute fin de la guerre.

L’administration de la mort comme forme de propagande ultime…

L’idée me glace le sang.

Cordialement,

Le gentleman boxeur

Encore une longue absence…

August 21st, 2008

Malgré une longue absence de ma part sur ces canaux et sur les ondes, je peux vous assurer que ce blogue n’est pas fermé.

Je dois avouer que le travail sur mon mémoire prend beaucoup de temps, mais qu’en parallèle avec cela, le travail que j’effectue au sein d’un groupe de recherche dans le département de sociologie de l’UQÀM, l’écriture d’un scénario de « comic book » pour un illustrateur talentueux, la rédaction d’un article pour « Le temps des cerises » et la mise sur pied d’une maison d’édition prend tout mon temps.

Ceci est sans compter le fait que j’ai une vie à l’extérieur de ma vie académique ou intellectuelle. Je suis aussi un boxeur, ce qui signifie que je dois m’entraîner à raison de trois fois par semaine pour des séances de deux heures.

Et, bien sur, je suis aussi un amoureux et un ami.

Gardez, cependant, ce lien dans votre fil RSS. Je devrais revenir tôt ou tard.

Merci de me lire,

Cordialement,

Le gentleman boxeur

Sylar versus Peter Petrelli: le délire postmoderne contre la manifestation de notre humanité

May 14th, 2008

Un peu avant le court hiatus de ce blogue, j’annonçais que je tenais à rédiger trois billets. Le premier étant le lien entre Megatron et le totalitarisme, le second effectuant le lien entre Sylar et la perfidie du monde contemporain et le troisième étant mon récit d’origine. Je rédige aujourd’hui le second, qui aura depuis changé un peu de forme. Il est presque certain que je n’écrirai pas le troisième. Quant au premier, il sera écrit un jour, mais je ne sais pas trop quand, puisque je ne me sens plus particulièrement inspiré par le sujet. J’écris, après tout, un mémoire sur les langages totalitaires. Je lis et écris déjà beaucoup sur le totalitarisme dans le cadre de ma démarche académique. Après un certain temps, lire autant sur les nazis, sur les totalitarismes et sur le fascisme, ça nous affecte. Je voudrais quand même me faire un peu plaisir en écrivant ce blogue.

Ceci étant dit, ce billet aura pour sujet un affrontement archétypique entre Sylar, le tueur en série de la série « Heroes » et son arche-rival, l’infirmier sensible, Peter Petrelli. Je soutiens dans ce billet que Sylar est une représentation adéquate du délire présent dans le monde contemporain alors que Peter est une représentation d’une manière conséquente de résister. Je disais il y a quelques mois que je parlerais aussi d’Adam. J’ai changé d’idée. Pas d’Adam dans ce billet.

Mon argumentation se fera en deux temps. D’abord, il sera question de faire le lien entre Sylar et la postmodernité. Par la suite, nous verrons en quoi l’approche « petrellienne » ( HA!) est une position de résistance constructive.

Je m’abstiendrai d’effectuer une analyse psychologisante des personnages. Je considère une telle approche, dans ce type d’exercice, infertile. Il sera plutôt question de dégager certains concepts qui nous permettront de voir certaines choses dans le monde contemporain.

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Pour mettre le tout en contexte, la série « Heroes » met en scène des gens qui découvrent du jour au lendemain qu’ils ont des pouvoirs spéciaux.La dynamique de l’émission tourne donc autour des récits qui montrent ce que ces individus font avec leurs pouvoirs.

Sylar, né Gabriel Gray, est un horloger. Son pouvoir est de comprendre le fonctionnement mécanique des choses lorsqu’il les dissèque. Lorsqu’il découvre qu’il possède ce pouvoir, il constate aussi que la compréhension du fonctionnement de chaque pouvoir se trouve dans le cerveau des gens spéciaux comme lui. Il devient alors fou et s’engage dans une chasse aux gens spéciaux, les tuant un par un pour les scalper dans le but d’observer des cerveaux volés. Comprenant le fonctionnement des pouvoirs de ses victimes après observation, il arrive à reproduire leur pouvoir pour lui-même. Autrement dit, en volant des cerveaux, il arrive à voler aussi des pouvoirs.

La première chose que nous pouvons voir avec le personnage de Sylar est que sa compréhension du monde est technique. Il voit les choses en terme de liens de causalités simples. Toute la dimension symbolique et humaine importe peu dans son rapport au monde. L’humain,pour lui, est une forme biologique qui fonctionne d’une certaine manière. La vie et la mort sont indifférenciées. Le monde ne peut qu’être saisi de manière quantifiable. Saisir Sylar comme un personnage purement diabolique serait sans doute passer à côté de la chose complètement. Il est simplement un sujet qui s’inscrit dans la raison purement instrumentale, avec une vision du monde purement utilitariste. À son paroxysme, dans une vision du monde utilitaire, l’être humain devient un simple outil. À son paroxysme, la raison instrumentale ne voit plus d’êtres humains: elle ne voit que l’efficacité, la performance et le rendement. Pour Sylar, la subjectivité de ses victimes importe peu. Ce qu’il voit, ce sont des cerveaux, la mécanique du fonctionnement de leurs pouvoirs et la possibilité d’augmenter le niveau d’efficacité de ses propres pouvoirs.

Dans le monde contemporain, dans la société actuelle, qui est fortement influencée par la logique d’une ère que certains théoriciens ont appelée la postmodernité, l’utilitarisme est devenu une valeur fondamentale sur laquelle le vivre ensemble est bâti. La clef du succès dans ce monde est d’être stratégique, de faire usage de toutes les ressources qui sont à notre disposition. Ces ressources sont, la plupart du temps, des ressources très humaines. L’idée est de compétitionner avec les autres, piler sur les autres pour obtenir le pouvoir et la reconnaissance du monde. Ceci se résume en exploitant autrui dans la production de nos produits, faire des coups cochon à ses alliés lorsque le temps le permet dans des jeux politiques internes de notre milieu de travail et ainsi de suite. Certains diront que ceci est de l’ordre de la nature humaine. À ce postulat, je réponds qu’il est imprudent de mettre l’humanité en entier, qui est par définition plurielle, dans une catégorie aussi homogène et définitive. Je postulerais plutôt que c’est davantage le système dans lequel nous vivons qui favorise et encourage ce type de comportement. Le système n’encourage pas tout à fait la notion d’enlever physiquement le cerveau de l’autre, mais il nous encourage à faire usage du corps de ce dernier dans le but d’atteindre une finalité quelconque.

Bref, il nous encourage à instrumentaliser nos rapports sociaux, mesurant ces derniers à l’aune du seul critère de vérité qu’est l’efficacité. Est-ce que mon rapport avec cette personne m’est utile?

Sylar, dans le cadre de la série, développe des relations avec seulement deux personnages: le docteur Mohinder Suresh et Maya. Trois personnages si nous comptons le père de Mohinder qui meurt avant le début de la série. Je ne prends pas en compte la relation Sylar-Peter ou Sylar-Bennet puisque ce sont là des relations purement antagoniques, donc, pas tout à fait dans l’ordre du partage.

Sylar se servait, après tout, de Mohinder pour trouver d’autres gens dotés de pouvoirs. Il se servait de Maya pour pouvoir se défendre des menaces extérieures durant la brève période de temps durant laquelle il ne pouvait plus avoir accès à ses pouvoirs. Et il est clair, dans l’esprit de Mohinder, que dès que Sylar n’aura plus plus besoin du docteur, qu’il le tuera. La fin de l’utilité de l’autre équivaut à sa mise à mort. Dans la logique corporative actuelle, la fin de l’utilité d’un ouvrier signifie sa mise à mort symbolique, c’est à dire se faire remercier de ses services, peu importe les conséquences tragiques que ça pourrait avoir sur sa vie personnelle. L’autre devient un objet qui a une utilité particulière.

L’identité de Sylar est aussi un cas en soi. Son visage nous est révélé lorsque Noah Bennet, Eden McCain et l’Haîtien réussissent à le capturer quelques instants après sa première confrontation avec Peter Petrelli à l’école secondaire de Claire Bennet.
Lorsque Sylar reprend conscience, Noah Bennet l’appelle par son nom de naissance: Gabriel Gray. Le tueur en série réagit violemment en hurlant: « Mon nom est Sylar! »

Rappelons que « Sylar » est une marque de montres luxueuses dans l’univers de « Heroes ». Peu de temps après qu’il s’échappe des installations de la Compagnie, Sylar fait semblant d’être un livreur de papier pour s’en prendre à la femme de Bennet. Peu de temps après, il prétend être Zane Taylor, qui est l’une de ses victimes, pour gagner la confiance de Mohinder Suresh, pour ultimement avoir la chance de rencontrer des gens spéciaux. Plus tard, après avoir tué Isaac Mendez, il prétend être ce dernier pour pouvoir dénoncer Ted « L’homme radioactif » au FBI dans le but de mieux scalper ce dernier.

Tout comme notre système, Sylar s’adapte sur le plan identitaire selon les besoins de la situation actuelle. Le système dans lequel nous vivons a, après tout, cette caractéristique qu’elle force tout à s’adapter à l’actualité. Tout y passe: la loi, l’éducation, la culture,etc. À écouter des discours des néo-libéraux, on comprend assez rapidement que l’identité collective n’est pas une question pertinente. Le principal est de tout adapter aux besoins du tout puissant marché. Le marché, étant le lieu de concentration de la puissance dans le monde contemporain, nous fait donc penser à Sylar. Parce que Sylar ne pense plus à qui il est et à son rapport au monde. La seule chose qui motive ses actions, c’est l’acquisition du pouvoir. Et sa seule finalité, à ce point-ci, c’est d’être puissant. Son identité propre se dissipe complètement le jour qu’il tue par accident se mère. Gabriel Gray meurt pour ne laisser place qu’à Sylar qui est une force qui ne peut être arrêtée et qui s’adapte aisément à tout.

On nous montre un avenir possible, cinq ans plus tard, lorsque Sylar prétend être Nathan Petrelli et assume ainsi la présidence des États-Unis. Étant une force infinie, Sylar démontre que sans un frein à son processus d’acquisition du pouvoir, il mutilera le monde à un point tel que nous ne pourrons plus l’appeler « monde ».

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Peter Petrelli est un infirmier qui prend soin de personnes âgées en phase terminale. Au tout début de la série, nous sommes présentés à un personnage qui n’est pas satisfait de la vie qu’il mène et qui voudrait faire tellement plus pour aider le monde. Son grand frère, Nathan, le juge naïf. Sa mère le trouve faible parce qu’il est habité par le doute.

Il découvre éventuellement qu’il est capable d’émuler le pouvoir d’un individu spécial lorsqu’il est en sa présence. Plus tard, lorsqu’il rencontre son mentor, Claude « l’homme invisible », il apprend qu’il est capable de faire appel à tous les pouvoirs qu’il a déjà été capable d’imiter. Cependant, il y a un gros problème: il va, à un certain point dans le temps, selon une prédiction d’Isaac Mendez ( l’artiste qui peut voir l’avenir), absorber le pouvoir de Ted, l’homme radioactif, et faire exploser New York.

Au tout début de la série, nous sommes présentés à un personnage qui est faible à cause des doutes qu’il ressent à l’égard de lui-même et de ses capacités. Mais assez rapidement, nous constatons qu’il est sans doute le personnage le plus puissant de la série. Plus puissant encore que Sylar, à la différence qu’il est en mesure de se donner des limites. Il est aussi capable d’avoir plusieurs pouvoirs en même temps. La différence est qu’il absorbe ces pouvoirs en entrant en contact avec un autre être humain. Tout seul, il n’est rien. C’est dans son rapport aux autres que Peter Petrelli devient quelqu’un de fort et de puissant.

Les limites que Petrelli se donne sont de l’ordre de l’amour. L’amour qu’il a pour sa mère, l’amour qu’il a pour son frère, l’amour qu’il a pour le monde. Bref, les actions de Peter sont motivées par l’amour inconditionnel qu’il a pour le monde.

Charles Deveaux, un de ses patients et un individu doté de pouvoirs spéciaux, lui dit dans un rêve que son coeur est doté de la capacité d’aimer de manière inconditionnelle.

Ceci étant dit, l’archétype du rêveur représenté par Petrelli se transforme rapidement en l’archétype du héros qui est capable d’amour inconditionnel et qui, sans aucun doute, sortira le monde de sa noirceur actuelle.

Nous avons déjà parlé dans ce blogue de considérations éthiques basées sur l’empathie et l’amour du monde. Et je pense qu’un sauveur ne viendra pas nous sortir de la noirceur du monde contemporain. Mais la capacité d’aimer le monde, la capacité de démontrer de l’empathie envers son prochain, la possibilité d’entrer réellement en contact avec l’autre et de partager des expériences significatives avec lui ou elle sont toutes des choses dont chacun de nous sommes capables. Cette façon d’habiter le monde constitue un mode d’être qui pourrait être une résistance que nous pouvons considérer être constructive, puisqu’elle motive l’action tout en refusant la terreur.

Mais il reste qu’il est question de résistance. La résistance ne sauvera pas le monde, mais ça gardera certainement espoir au sein de ce dernier. Ça ne sauvera pas le monde, mais ça conservera au moins notre humanité. Et c’est déjà là un pas vers l’idéal qui serait de sortir notre monde de la noirceur dans laquelle nous sommes plongés et qui nous empêche de nous voir entre nous.

Cordialement,

Le gentleman boxeur

PS: Bien entendu, selon les « previews » de la troisième saison de « Heroes », il semblerait que Peter puisse potentiellement devenir un des méchants de la série. J’espère que ça ne sera pas le cas. Ceci étant dit, Je parle ici simplement après avoir écouté les deux premières saisons.

J’aimerai toujours le temps des cerises…

May 11th, 2008

Le passé, avril 2006

Durant les derniers jours de mon baccalauréat en « Histoire, culture et société » (ce bac sera le sujet d’un futur billet, soyez-en certain!),je suis allé dîner avec un de mes bons amis, Tison (appelons-le ainsi, parce que je ne nomme jamais les gens par leur nom sur ce blogue. Ce blogue est un véhicule d’idées, il n’est pas révélateur d’une vie privée. Si j’écris parfois sur mon vécu c’est pour transmettre une idée), que j’ai eu la chance de rencontrer durant mon parcours académique. Nous étions sur le point de faire notre dernier cours obligatoire en HCS ensemble et nous nous demandions ce qui allait suivre après notre démarche commune. Je finissais mon bac et j’allais faire mon entrée à la maîtrise alors que lui, il allait terminer son bac.

Une des premières choses qui nous vint à l’esprit dans cette discussion fut de mettre en place un groupe de discussion autogéré, inspiré des tutorats HCS. Après avoir échangé sur le sujet, il me demanda si j’avais d’autres projets en tête.

Je revins alors sur un projet qui m’a toujours tenu à coeur: celui de prendre la parole dans l’espace public par le biais d’une revue.

« As-tu une idée pour le titre de la revue? » me demanda-t-il.

À ce moment-là, un typhon de souvenirs envahit mes souvenirs et je fus replongé momentanément dans une scène vécue cinq ans plus tôt.

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Le passé, 5 ans plus tôt, avril 2001 à la ville de Québec au Sommet des Amériques

C’était avant que je m’inscrive en tant qu’étudiant en sciences humaines, c’était avant que je ne devienne le secrétaire de l’association des messagers qui cherchait à syndicaliser ces derniers. C’était même avant que je devienne membre d’un groupe d’affinité black bloc ( quoique le moment approchait à grands pas).

Mise en contexte: la haute-ville de Québec était submergée par des nuages lacrymogènes. Des manifestants altermondialistes se confrontaient aux escouades antiémeutes de la SQ. Et en première ligne, se lançant corps et âme contre les forces policières étaient un bon nombre de groupe d’affinité black bloc qui était préparé pour cette confrontation.

Je venais de faire la rencontre de la coordinatrice d’un groupe d’affinité black bloc qui venait d’Ottawa. Nous étions en train de fumer une cigarette à l’Ilôt Fleurie, qui était un espace de repos et de festivités monté comme lieu de réunion et de repos pour les activistes.

Dramatis personnae

Black Widow: Appellons la coordinatrice du petit groupe d’affinité black bloc en question ainsi. Nous avions tous des noms de plume, des noms de code et ceci était le sien.
Agent Havoc: Mon propre nom de plume ou nom de code. Je n’étais pas encore un boxeur à l’époque, ce qui signifie que ce nom n’aurait pas fait sens. De toute manière, je ne suis pas le premier aventurier masqué à avoir changé de nom de code. Robin est devenu Nightwing, après tout.

Acte 1,scène 3

( Sur une petite butte de gazon. Havoc et Widow sont assis et fument une cigarette malgré le fait qu’ils ont les poumons pleins de gazes lacrymogènes. Le soleil est couché. Il y a une scène sur laquelle un Dee-Jay anime la fête. Des dizaines de militants dansent sur le rythme de la musique. Un énorme nuage lacrymogène surplombe la Haute-ville. )

Agent Havoc: Je me sens à la maison, ici.

Black Widow: Pardon?

Agent Havoc: je me sens à la maison. jamais je n’aurais pensé que je puisse un jour vivre un tel moment dans un tel endroit.

Black Widow: De quoi parles-tu? On se fait tirer dessus à coup de balles de plastique et bombonnes lacrymogènes. Tu viens tout juste de recevoir une balle de plastique dans le ventre. Tu t’es lamenté plus tôt que tes verres de contact sont en trainde brüler dans tes yeux malgré ton masque. On résiste, mais c’est la misère ici.

Agent Havoc: je ne parlais pas de là-haut, sur le front, je parle d’ici, à l’ïlôt fleuri.

Black Widow: Explique-moi.

Agent Havoc: Tu ne le ressens pas? Tu ne ressens pas la solidarité ici? Toutes les personnes qui sont ici sont des frères et des soeurs. Dans les manifestations, on a tendance à crier haut et fort « solidarité », mais ici on vit réellement ce concept.

Black Widow: Mais nous sommes solidaires dans des manifestations.

Agent Havoc: Bien sûr, mais c’est toujours de manière négative, de manière oppositionnelle. Une manif est un espace de révolte commune pour ou contre une cause. C’est un espace très temporaire qui est voué à disparaître après quelques heures. C’est différent ici. De toute évidence, lorsque nous sommes là-haut, devant les lignes antiémeutes de la SQ, il est question d’une solidarité négative, oppositionnelle. Mais ici, c’est différent. Ici, on est en train de vivre temporairement ce pour quoi on se révolte. On vit le partage de la nourriture, le partage de nos expériences, on échange entre nous, on fête ensemble. On vit notre humanité de manière tellement spontanée ici. Et vois-tu, ce n’est pas une expérience que je m’attendais à vivre un jour.

Black Widow: Tu sais autant que moi qu’il s’agit ici d’un espace tout à fait temporaire. Dans deux jours, cet endroit ne sera plus. Dans deux jours, l’Ilôt Fleuri aura disparu.

Agent Havoc: Et me connaissant, il y aura toujours une partie de moi qui sera nostalgique de ce moment. Mais c’est une nostalgie de laquelle je pourrai me nourrir pour continuer à résister.

Black Widow: Il y a des tendances tragico-romantiques, chez toi, n’est-ce pas?

Agent Havoc: Je ne sais pas…

Black Widow: Ça me fait penser à l’histoire de la chanson de Jean Baptiste Clément, « Le temps des cerises ».

Agent Havoc: Je ne la connais pas.

Black Widow: Jean Baptiste Clément était un chansonnier du 19e siècle. Il était aussi un militant socialiste. Il avait écrit une chanson d’amour qui s’intitule « Le temps des cerises ». C’était bel et bien une chanson d’amour et il n’y avait,à l’origine, rien de politique dans la chose. Lorsque les événements de la Commune de Paris survinrent, il était, en bon militant, sur place.Durant cette courte période, Clément tomba en amour avec une infirmière de la Commune. Une belle histoire d’amour eut lieu entre Clément et l’infirmière, mais leur relation se termina abruptement lors de la Semaine sanglante, lorsque des milliers de communards, incluant cette demoiselle, périrent de morts violentes. Clément décida alors de dédier « Le temps des cerises » à la mémoire de l’infirmière. Depuis, cette chanson est inscrite dans l’imaginaire comme étant une chanson de gauche. Mais à regarder les paroles, on n’y voit que des paroles nostalgiques et d’amour.

Agent Havoc: Je ne suis pas certain de voir ou tu veux en venir.

Black Widow: L’amour n’est pas que quelque chose qui se vit à l’égard d’une personne. L’amour, ça peut se vivre à l’égard du monde. Et dans ce sens, ce que tu es en train de vivre, c’est un coup de foudre avec l’humanité, parce que tu as la chance d’apercevoir ce qu’elle pourrait être. Sous peu, cette manifestation de l’humanité va disparaître parce que le monde dans lequel nous vivons ne permet pas une telle représentation de l’être humain. Mais tu t’en souviendras, tu continueras à aimer l’humanité. Et, espérons-le, tu ne baisseras jamais les bras et tu continueras à te battre pour cette dernière.

Agent Havoc: je ne sais pas. Je vais écouter la chanson et je te reviendrai là-dessus un de ces jours.

( deux bombonnes lacrymogènes atterrissent près d’eux. Les militants à l’Îlot fleuri se dispersent. Havoc et Widow se lèvent et enfilent leurs masques. )

Black Widow: Go! Go ! On se rejoint plus tard!

(Havoc et Widow se séparent et essaient de rejoindre les gens avec qui ils étaient venus)

(Fin de la scène)

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Le temps des cerises
par Jean baptiste Clément

Cliquez à droite ici pour télécharger la version de cette chanson interprétée par Serge Utgé Royo.

Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d’amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d’amour

J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m’étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

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Le passé, avril 2006

Je répondis à Tison sans hésiter: « Le temps des cerises ».

Nous en avons parlé à d’autres personnes qui sont de devenues des membres du collectif de rédaction. Le nom de la revue fut acceptée par le collectif, à mon plus grand plaisir. Deux numéros ont été, depuis, publiés. Le premier avait pour thème « l’espace public » et le second, « le temps ».

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Pour moi, le temps des cerises est, en effet, une histoire d’amour que nous, en tant que civilisation, avons connue, même si ce n’est que pour un moment. Il est clair pour moi que Clément avait dédié cette chanson à ses deux amours, soit, d’abord et avant tout, la courageuse infirmière dont il était amoureux, et aussi au courage des communards qui ont assumé pleinement leurs libertés et leur humanité au prix de leurs vies. C’est une chanson d’amour à une femme et à un idéal d’humanité. C’est l’expression de la nostalgie d’un amour connu et perdu de manière tragique. Mais les peines d’amour sont nécessaires parce qu’elles maintiennent en vie en nous cet idéal qui semble être perdu.

Nous ne sommes plus dans le monde des communards. Les espaces de dialogue,de liberté et la manifestation spontanée de notre humanité ou de nos libertés politiques n’ont tendance qu’à se faire écraser de manière mécanique dans le monde contemporain.

Pourtant, en gardant le souvenir d’une humanité légèrement plus accomplie, je crois encore sincèrement que tout n’est pas perdu. Je crois encore que des espaces de dialogue et de réflexions communs sont encore possibles. En fait, c’est ainsi que je conçois la revue de laquelle je participe en tant qu’un des membres du collectif de rédaction.

Cette revue est, en fait, une chanson d’amour à la pensée, au politique, au monde et à l’humanité. C’est aussi au travers de cette chanson qu’une partie de notre humanité peut se manifester.

Et évidemment, c’est une chanson collective.

Faire expérience de notre humanité, c’est quelque chose qui passe nécessairement par la rencontre de l’Autre,

Et c’est pour cette raison que je vous invite vivement à soumettre des créations pour le troisième tome du temps des cerises. La thématique est « Le regard ». Peu importe la longueur, peu importe la forme. Poésie, essai critique, aphorismes, photos…. Tous les médiums sont le bienvenue.

Thème: Le regard
Soumettre avant le 24 juin 2008
redaction(a commercial)letempsdescerises.info

Bref, tous les médiums sont légitimes pour exprimer notre humanité et notre amour au monde.

Cordialement,

Le gentleman boxeur

Protocolaire ou insultant?

May 11th, 2008

Si au premier coup d’oeil, le protocole dans la sphère politique peut paraître ennuyeux et contraignant pour la libre pensée, il est nécessaire de nous rappeler que celui-ci est présent pour empêcher que l’acte d’insulter puisse faire surface dans ladite sphère. Insulter autrui est une tactique langagière qui a pour finalité de sortir l’autre du temps et de l’espace partagé. L’insulte peut donc avoir sa place dans la sphère sociale, mais ne doit jamais être acceptée dans la sphère politique.

Capacités prédictives?

May 7th, 2008

Je sais que j’ai déjà cité ce passage dans un article pour “Le temps des cerises”, mais je tenais à lui donner sa place ici, dans mon carnet virtuel de notes aussi.

Cordialement,

Le gentleman boxeur
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« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont-ils se remplissent l’âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

Au dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. »

-Alexis de Tocqueville,
De la démocratie en Amérique, volume 2,
publié en 1840

Limites

May 6th, 2008

“Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut les élargir.”
-Antonio Gramsci

“Le grande transformation” de Polanyi

May 6th, 2008

Si j’ai un profond respect pour la pensée de Karl Marx, je dois avouer que le monopole de la critique du capitalisme détenue par la logique marxienne et marxiste me dérange un peu. Il est clair que je suis en accord avec la vaste majorité des postulats de Marx. De la manière que je le vois, le premier volume du Capital est une lecture essentielle pour comprendre pleinement dans quels types de rapports sociaux nous nous inscrivons actuellement.

Mais il reste que le dogme marxiste qui a historiquement suivi sa pensée et qui s’est développé sur la planète durant une bonne partie du 20e siècle est répugnant. Le spectre de cet esprit dogmatique hante encore la gauche politique aujourd’hui et délégitimise cette dernière dans la sphère publique.

Ceci étant dit, il n’est pas question pour moi de renier Marx, mais plutôt de laisser sa pensée se reposer un peu pour le moment. Il est clair que la sphère publique n’est pas prête
à accueillir le nom de Marx pour le moment. Il faut laisser les plaies se refermer avant de réactiver la pensée de ce dernier.

Mais en attendant, comment pouvons-nous critiquer le capitalisme? Quel support théorique avons-nous?

J’ai depuis longtemps choisi la voie de la pensée, de la philosophie et de la théorie politique. Arendt, Adorno et Foucault sont des points d’appui essentiels dans ma démarche critique. Mais il reste qu’aucun de ces auteurs ne traite sérieusement de la question de l’économie.

Il n’est pas question de combattre le feu avec le feu, ou de réagir au discours économiste néo-libéral avec un discours économiste socialiste. Il est simplement une question de comprendre pleinement toutes les dimensions de la problématique qui affecte toutes les dimensions de nos vies.

Le capitalisme est totalisant dans ce sens qu’il s’étend sur la planète entière et qu’il s’ancre une place dans nos âmes. C’est pour cette raison qu’il est important de résister. C’est le salut de notre planète et de nos âmes qui est en jeu ici.

Mais si Marx, malgré sa critique juste de ce phénomène économique mutant mutile nos vies, a perdu pour le moment toute légitimité publique à cause d’une tragédie historique perpétuée par un nombre incroyable de gens un peu trop aveuglés par le zèle, avec qui pouvons-nous penser une critique adéquate de l’idéologie économiste contemporaine?

Vous pensiez vraiment que j’allais vous répondre à cette question? Je ne peux pas ce faire, parce que je n’ai pas la moindre idée de comment répondre à une telle question. Après tout, l’économie, ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé.

Cependant, je suis tombé par hasard sur un livre incroyable d’un économiste de gauche de la première moitié du 20e siècle, Karl Polanyi. Le livre en question est intitulé « La grande transformation: Aux origines politiques et économiques de notre temps ». Je ne prétends pas que Polanyi offre l’Alternative avec un grand »A » de la critique économique de gauche parce que j’avoue ne pas être assez connaissant de l’économie. Par contre, je peux affirmer ici que je juge que les réflexions qu’il émet dans ce livre offrent des très pertinentes pour penser l’essor de nos vies ainsi que pour prendre conscience du gouffre potentiel vers lequel ces dernières pourraient se diriger.

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La thèse de Polanyi peut être expliquée ainsi: le marché autorégulateur est en fait un principe économique artificiel qui aurait plongé notre civilisation dans état de crise profonde dont la manifestation ultime fut les grands totalitarismes du 20e siècle. Polanyi postule à partir de là, la mort du libéralisme économique. Si nous devions prendre ses thèses prédictives au premier degré, nous affirmerions qu’il a eu tort. Mais lorsque nous nous plongeons dans le travail intellectuel, il ne faut jamais rien prendre au premier degré.

Dans sa démarche argumentative, Polanyi commence par affirmer que l’idéal d’un marché qui s’autorégule avec une moindre intervention de la politique, de la société ou de l’État est quelque chose qui a été appliqué pour la première fois durant le 19e siècle. Pour l’auteur, il est clair que ce le principe d’un marché qui se régule lui-même en application est quelque chose de fondamentalement artificiel.

Il soutient qu’avant le libéralisme économique appliqué, il y a toujours eu des interventions sociales sur l’économique. Qu’il s’agisse d’un système de troc, de mercantilisme ou du féodalisme, l’économie a toujours été soumise à un principe autre que celui du marché. Bref, avec l’application du libéralisme économique, qui, par définition, soumet l’économie au marché, est quelque chose de nouveau au 19e siècle.

Le hic est qu’en retour, tous les aspects de la vie furent soumis à la logique toute puissante du marché. Les relations sociales, malheureusement, sont aussi soumises à cette logique. Au lieu que l’économie soit encastrée dans les relations sociales, ce sont désormais les relations sociales qui sont encastrées dans le système économique.

Bref, c’est la société qui est menacée par le libre marché autorégulateur. Ceci étant dit, c’est contre-nature pour quelconque organe que de se laisser attaquer sans chercher à se défendre. Le système de défense de la société se manifesta dans plusieurs institutions, entre autres avec des luttes syndicales, des mouvements de résistance, des mouvements de révolte, des actions protectionnistes ou encore des insurrections. Ce n’est pas un hasard si les grands empires du 19e siècle ne se sont pas vraiment fait la guerre entre eux, mais qu’ils firent face à plusieurs instabilités à l’interne.

Citons Polanyi: « Comme le fonctionnement de ces marchés menace de détruire la société,la communauté a cherché, par une action d’autodéfense, à les empêcher de s’établir une fois qu’ils ont été établis , à intervenir dans leur libre fonctionnement. »

Ceci étant dit, Polanyi en arrive à la déduction que les grands totalitarismes du 20e siècle, tel le fascisme nazi, étaient en fait une réaction d’autodéfense de la société à son paroxysme.

Le grand paradoxe ici serait donc qu’en cherchant à sauver la société avec une réaction extrême qui se manifeste par le biais des totalitarismes, la réaction autodéfensive a carrément dissous le tissu social.

Polanyi a publié ce livre en 1944. Il pensait que la mort du libéralisme économique allait suivre la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Ceci étant dit, à l’ère dans laquelle nous vivons, nous pouvons constater que le libéralisme économique se porte très bien. Crier haut et fort que Polanyi a eu tort serait, selon moi, une grave erreur.

Je soulignerai que l’historien Eric Hobsbawn a déjà affirmé dans son livre essentiel « L’Âge des extrêmes » que les questions politiques soulevées par le 20ème siècle n’ont pas encore été résolues. Ceci étant dit, nous pouvons bien voir avec Polanyi que le néo-libéralisme économique a survécu la Deuxième Guerre Mondiale et qu’elle est sur le point de porter le coup de grâce à la société. Nous n’avons par cherché à comprendre notre expérience traumatisante du 20e siècle et nous en somme rendus ici aujourd’hui.

Si nous voyons là un prospect terrifiant, il y a pire encore qui pourrait se présenter à l’horizon. Avant que le coup de grâce soit porté, l’organisme social peut facilement entrer en hyperactivité. Un animal blessé est ce qu’il y a de plus dangereux.

Et je dois avouer que je ressens mon sang se glacer à l’idée de la direction que prend le social dans le monde contemporain.

Cordialement,

Le gentleman boxeur

Colloque sur la théorie critique

April 23rd, 2008

Je participe à l’organisation d’un colloque sur la théorie critique qui aura lieu ce vendredi. Vous êtes, bien entendu, plus que les bienvenus à ce mini événement. Il semblerait qu’après le colloque, il va y avoir le lancement du nouveau livre de Michel Freitag intitulé “L’impasse de la globalisation”.

Tel que je l’ai compris, ça se termine avec une soirée à un petit restaurant indien sur Saint-Denis.

Au plaisir de vous voir là-bas.

Cordialement,

Le gentleman boxeur

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Colloque sur la théorie critique

Vendredi le 25 avril 2008, à l’UQÀM.

Pavillon Hubert-Aquin, salle A-5020

Qu’en est-il de la réflexion critique sur la société d’aujourd’hui ? Parce qu’elle s’est efforcée « faire la lumière sur le contexte d’aveuglement dans lequel nous sommes tous plongés », la théorie critique est l’une de ces pensées qui ouvre un vaste horizon de réflexion sur les multiples enjeux entourant les transformations passées, actuelles et futures de nos sociétés. C’est ainsi que nous vous convions à participer à cette discussion commune qui vise non seulement à approfondir des aspects de la théorie critique en sociologie, mais surtout à créer un espace de réflexion autour des réalités sous-jacentes aux diverses thèses émises par les différents auteurs reliés à ce courant de pensées et préoccupés par l’avenir de nos sociétés.
Programme du colloque

9h00 : Mot de bienvenue

9h15 : Conférence d’ouverture de M. Dario de Facendis

9h45 à 10h45 : L’École de Frankfort d’hier à aujourd’hui

Frédéric-Guillaume Dufour

« Quelle théorie critique de l’Histoire? Retour sur l’histoire de la théorie critique »

Amélie Paquet

« Ne plus entrer dans le jeu des trahisons. Adorno et sa théorie esthétique »

Éric Martin

« De la Réification à la Reconnaissance »

10h45 à 11h25 : Questions / discussion

11h25 à 12h45 : Dîner
12h45 à 13h55 : Explorations théoriques de la critique en théorie

Francis Dupuis-Déri

« Herbert Marcuse l’altermondialiste? »

Bertrant Lavoie et Hubert Forcier

« L’épistémologie critique de Fernand Dumont »

Rémi de Villeneuve

« Le retour de l’ontologie »

13h55 à 14h25 : Questions / discussion

14h25 : Pause

14h35 à 15h45 : De la théorie au terrain : applications pratiques de la critique

Quentin Delavictoire et Salim Baghdadi

« Pour une relecture de la participation citoyenne et des inégalités sociales »

Samuel Beaudoin

« De la mesure de la mortalité et de la morbidité dans le Québec contemporain. Étude critique sur la mathématisation des sciences et de la société »

Jean-Michel Marcoux

« Consommation publicitaire et déclin de l’espace public : le cas de CHOI Radio X à Québec »

15h45 à 16h15 : Questions / discussion

16h15 : Pause

16h30 : Conférence de clôture de M. Éric Pineault

La langue ne ment pas

April 19th, 2008

Il est difficile de ne pas reconnaître le courage de Victor Klemperer.

Juif ayant vécu à Dresde durant le nazisme. philologue de formation et épargné des camps parce qu’il était marié avec une aryenne, cet homme a combattu activement durant ces années pour garder le contrôle sur son esprit. N’ayant plus le de pratiquer son métier, ni d’emprunter des livres à la bibliotèque ou de lire, la seule manière qu’il avait de résister était de continuer à écrire de manière clandestine son journal intime. Comtpetenu de sa formatio nde philologue, il notait aussi toutes les inflexiosn de sens qu’il remarquait dansl a langue allemande.

Après un certain temps, il notait que la langue allemande avait disparu pour laisser place à quelque chose de tout autre: la LTI, Lingua Tertii Impirii, La langue du Troisième Reich.

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Il y a quelques années, Stan Neumann a fait un film sur Klemperer intitulé “La langue ne ment pas”. L’année dernière, mon directeur de mémoire m’a prêté sa copie VHS de ce film. Ce film est extrêmement difficile à trouver ici.

“Si cette cassette me revient dans un état autre que son état actuel, je t’arrache la tête deux fois.”

N’ayant qu’une télé à moitié fonctionnelle qui est enfouie dans le fond de ma garde robe et un lecteur VHS archaïque ( je télécharge mes films, mes émissions de télévision, ou encore, je fais lire mes DVD sur mon ordinateur), je dois avouer que j’était quelque peu inquieté par l’idée que mon lecteur VHS puisse manger cette cassette.

Voulant écouter le film plusieurs fois, j’ai décidé de filmer la télévision avec ma caméra photo en écoutant le film en question. Il est inutile de dire que la qualité de l’image était terrible. Mais j’étais tout de même heureux d’avoir une copie de la chose.

Ceci étant dit, j’ai trouvé ceci hier. Et j’ai appris, depuis, comment télécharger des vidéos de youtube ou dailymotion.

Je vous invite vivement à prendre 80 minutes de votre journée pour écouter ce film sur Klemperer que j’inclus avec ce billet.

Cordialement,

Le gentleman boxeur

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La langue ne ment pas

Vous pouvez visionner le tout sur ce blogue, mais vous pouvez aussi aller directement sur dailymotion, où vous trouverez ces vidéos à plus grande résolution. Pour ce faire, clickez ici.

Sinon, il y a toujours moyen de l’écouter ici même.

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie


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